Deux mois de grève des facteurs et factrices de Grenoble Chavant mobilisé-es contre l’instabilité de leurs statuts et la réforme des retraites.


Les grévistes de Grenoble Chavant ont repris le chemin du travail...

Des chiffres et des lettres où seul le compte est bon

1 site, 2 mois de grève, 3 CDI Poste, 4 contrats Groupements d’Employeurs Logistiques

La lutte des précaires et intérimaires de Grenoble Chavant aura duré deux mois. L’équipe des 16 collègues en travaux extérieurs s’est mise en grève dès le 22 mars pour revendiquer la CDIsation massive de tou-tes leurs camarades et l’arrêt des tournées sacoches dissociant préparation et distribution du courrier. Après l’obtention d’un contrat GEL « 1Pact » pour une collègue en fin de mission intérim, la question de la situation de cinq autres intérimaires et deux contrats GEL allait bientôt se poser. Ainsi 12 collègues ont reconduit la grève, entrainé-es par le mouvement social contre la réforme des retraites.

Partis sur une base de revendications de 8 CDI Poste, les grévistes se sont heurtés à une direction fermée à tout dialogue social. Ils ont proposé par deux fois des protocoles de fin de conflit, revus à la baisse avec seulement 3 CDI Poste et 4 contrats GEL, nominatifs pour les grévistes. Ils n’ont pas obtenu satisfaction malgré l’appui de nombreux élus et de l’interprofessionnelle très active localement. Après avoir tout fait pour empêcher la cohésion intersyndicale, la direction a même eu le vice de proposer quatre nouveaux contrats 1Pact à des débutants au cours des deux mois, puis 3 CDI Poste à des intérimaires n’ayant pas participé à la grève. Pour les chiffres, le compte est bon, mais les lettres ne correspondent pas aux noms des grévistes.

Ainsi, quatre de nos collègues grévistes intérimaires, volontaires pour des CDI GEL, se retrouvent aujourd’hui chômeur-ses. Leur candidature en GEL est restée sans réponse, les groupements d’employeurs prétextant leur trop grande expérience à La Poste. La solidarité a été inédite dans cette lutte et participe encore à maintenir à flot ces camarades.

Tous les grévistes sont satisfaits de leur lutte, car même si les contrats obtenus n’ont pas été pour eux au final, des CDI ont été signés alors même qu’aucun ne devait l’être au début du mouvement. Leur combat aura donc créé des embauches localement et aura permis la remise en question des tournées sacoches. La direction a effectivement décidé d’avancer la date de réorganisation pour minimiser la dissociation des travaux intérieurs et extérieurs tout en respectant les restrictions d’aptitudes existantes. Notre syndicat veillera donc à ce qu’un accord social à la hauteur soit signé en conséquence.

Quoiqu’il en soit, les agents de Chavant resteront vigilants et prêts à se mobiliser pour défendre leurs acquis. Leur mobilisation exemplaire a été médiatiquement très relayée et aura surement motivé d’autres précaires de tous corps de métiers à entrer dans la lutte pour revendiquer des embauches pérennes.


 Appel à soutien facteurs et factrices de Grenoble Chavant

Nous soutenons les factrices et facteurs de Grenoble : signez et faites signer la pétition !

Élisa Martin, députée LFI, Cyrielle Chatelain, députée EELV, Jean-Luc Mélenchon, porte-parole LFI, Fabien Roussel, secrétaire PCF, Olivier Besancenot, porte-parole NPA... elles et ils ont signé la pétition, faites de même !

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Caisse de grève Retraites Sud PTT Isère-Savoie

 

https://www.okpal.com/caisse-de-greve-retraites-sud-ptt-isere-savoie/

Notre caisse de grève sera mise à disposition des bureaux et agents qui entameraient une grève reconductible à partir du 8 mars. Comment en profiter ? Fournissez-nous vos bulletins de paie, nous étudierons les situations au cas par cas.

 


Réunion des salarié.es en contrat précaire à La Poste

Jeudi 25 mai à 18h dans les locaux de Sud PTT

3 rue Federico Garcia Lorca 38100 Grenoble

Depuis un mois et demi les factrices et facteurs de Grenoble Chavant sont en grève contre la dégradation de leurs conditions de travail et contre la précarité dans leur centre. Une grande partie des grévistes sont en contrat d’intérim ou en contrat « groupement d’employeurs ».

Grace à leur lutte le syndicat Sud à mis à jour de nombreuses irrégularités sur les divers contrats des salariés précaires. Le mouvement a permis aussi un contrôle de l’inspection du travail sur tous les centres courriers de l’agglo Grenobloise contre la précarité. Une intervention qui se soldera surement par des requalifications massives de contrat en CDI poste.

Lors de nos visites de bureaux nous voyons se développer l’utilisation de la précarité par La Poste dans tous les services et aujourd’hui nous savons que c’est dans la plus parfaite illégalité.

C’est pourquoi nous avons décidé de proposer une réunion à tou·te·s les postier·e·s « précaires » (contrat « GEL » (groupement d’employeur), CDD et intérimaire) pour examiner les contrats et, avec leurs accords, intenter les actions (individuelles et collectives) nécessaires pour obtenir leurs requalifications.

Lors de la réunion il est important de se munir de :

  • Tous vos contrats de travail depuis votre entrée à La Poste
  • Tous vos avenants à vos contrats de travail
  • Tous vos contrats de mission
  • Votre première et votre dernière fiche de paie

Tract CGT SUD intersyndical local 15 mai 2023

La Poste Courrier Colis

Réorganisations, répression, dégradation du service public et des conditions de travail, l’agglomération grenobloise sous tension


La Poste propage les conflits

Depuis jeudi 11 mai, une vingtaine de postier·e·s de l’Agence Colis Poste (ACP) de la plateforme Multiflux Grenoble à Mistral se mobilisent contre la nouvelle organisation qui augmente leur charge de travail. Les grèves d’une heure, qu’ils et elles réalisent chaque matin, surviennent alors que les facteurs et factrices de Chavant sont en grève reconductible depuis bientôt deux mois pour l’embauche des précaires. Avec les grèves d’une heure menées fin mars contre les plans de production à Lionel Terray, il s’agit du troisième conflit du travail ouvert sur l’Établissement La Poste Grand Grenoble depuis le 22 mars.


La Poste précarise les métiers

À Chavant, les facteurs et factrices sont en grève suite au non-renouvellement d’une collègue intérimaire, pour l’embauche des précaires et contre la séparation des activités de tri et de distribution imposée depuis 2021. Cette grève se heurte à une Direction d’Établissement qui refuse de négocier l’embauche des précaires grévistes, vire les intérimaires mobilisé·e·s et sanctionne les syndicalistes pour des motifs infondés...
Malgré cette obstination, la grève se poursuit avec le soutien de la majorité des collègues qui, de Villard-de-Lans et Eybens à Chambéry et Moirans, ont signé la pétition demandant l’embauche des précaires et l’arrêt des réorganisations. Combien de postier·e·s pourront prétendre à une carrière complète dans de telles conditions de travail ?


La Poste réprime ses employé·es

Fin mars, les facteurs et factrices de Lionel Terray s’étaient à leur tour mobilisé·e·s, cette fois contre la mise en place de « plans de production » qui impose la réalisation quotidienne de « sécables », tournées laissées vacantes et découpées en morceaux ajoutés aux tournées classiques. La direction avait alors tout fait pour empêcher qu’une seconde grève ne démarre dans son établissement : sanctions contre les syndicalistes appelant à la mobilisation, puis convocation à entretien disciplinaire pouvant aller jusqu’au licenciement pour 18 collègues ayant réalisé une heure de grève les matins du 30 et 31 mars. En réprimant ainsi, la Poste était parvenue à empêcher l’extension de la grève au-delà de l’équipe de Chavant.


Les postier·e·s répliquent

Mais les débrayages réalisés depuis jeudi dernier à l’Agence Colis Poste montrent que la colère n’a pas disparu chez les postier·e·s. Au centre du conflit se trouvent les réorganisations incessantes supprimant des emplois (2298 en 2022), précarisant et augmentant toujours plus la charge de travail. Pour y parvenir la direction s’attaque aux bureaux les uns après les autres afin d’éviter que les postier·e·s ne réagissent tou·te·s ensemble. L’extension de la grève à plusieurs bureaux de Grenoble serait une première victoire contre cette politique de division.

Pour gagner contre la direction de La Poste qui n’hésite pas à réprimer, nous appelons tou·te·s les postièr·e·s à se mettre en grève et en manifestation le mercredi 17 mai. Organisons nous en Assemblée Générale de Postier·e·s et manifestons avec les soutiens
de la grève pour rendre visible notre mobilisation !


Rassemblement, piquet de grève et rassemblement Mercredi 17 mai 2023


Piquet de grève - 7h
88 Av. RHIN & DANUBE
Suivie d’une assemblée générale des postier·e·s


Rassemblement - 14h
Bureau de poste Chavant (7 Bd Lyautey)

Tract 12 mai 2023


Communiqué de presse

Grenoble le 9 mai 2023,

Au bout de plus d’un mois de grève La Poste refuse toujours l’embauche des intérimaires grévistes

Une audience entre la direction de La Poste et le syndicat Sud PTT a été déclenchée ce mardi 9 mai suite à la soumission d’un deuxième protocole de fin de conflit le 5 mai. Celui-ci a été défendu et appuyé par le syndicat Sud PTT lors d’une audience à laquelle la CGT, pourtant signataire du protocole, n’a pas été conviée.

En réponse, la direction rédige un nouveau protocole le jour même exigeant qu’il soit signé sous deux heures, prétextant des difficultés RH pour rendre possible l’étalement des prélèvements des jours de grève sur les payes. C’est justement le seul rajout de la direction sur le protocole qu’elle a proposé le 18 avril. Il s’agit d’étaler les retenues sur salaires à raison de 4 jours par mois, alors que les grévistes en réclamaient 2.

Toutes les autres revendications sont balayées d’un revers de la main, notamment les embauches des facteurs-trices en lutte sur trois CDI Poste et quatre en groupement d’employeurs. Pour la direction, les grévistes doivent avoir repris le travail le lendemain pour avoir l’occasion de candidater et participer à des entretiens d’embauche devant un jury composé de personnes extérieures à l’établissement. Autant dire qu’une nouvelle fois, la garantie sur la principale revendication du collectif est loin d’être certaine.

La Poste a déjà mis dehors 4 intérimaires grévistes en refusant de renouveler leur mission. Elle s’organise désormais pour pouvoir exclure les grévistes des embauches en CDI. Ainsi quelques heures après l’audience avec la Direction d’Établissement, une collègue a été informée par téléphone que sa candidature ne serait pas retenue… au motif que le Groupement d’Employeur privilégiait l’embauche de candidats étrangers à La Poste.

Le collectif de grévistes reconduit dons sa grève en maintenant ses revendications d’embauches signés pour les sept précaires concernés.


Tract Grève facteurs et factrices Grenoble Chavant 25 avril 2023

Un mois de grève des facteurs et factrices de Grenoble Chavant

Depuis le 22 mars, les agents de la plateforme de distribution de courrier de Grenoble Chavant sont en grève reconductible. Ils revendiquent l’arrêt d’une organisation du travail dissociant les tâches de préparation et distribution qui les empêchent de rendre la qualité de service attendue par les usagers. Ces agents pour la plupart embauchés sous statuts précaires, en missions d’intérim très courtes ou en Groupement d’employeurs, se sont mobilisés contre l’instabilité de leurs statuts et la réforme des retraites.

Les facteurs et factrices proposent une sortie de conflit à la direction

La direction a proposé cette semaine d’ajuster l’organisation de travail en respectant les restrictions d’aptitude existantes et d’ouvrir des appels à candidature pour trois postes en CDI et 4 en CDI Groupement d’employeur selon les modalités de recrutement habituelles. Ces embauches n’étaient donc pas destinées au personnel gréviste depuis un mois.
L’AG des grévistes de Grenoble Chavant que la direction a refusé de recevoir ne pouvait donc pas accepter ce protocole de fin de conflit en l’état.
De ce fait, elle s’est approchée des syndicats Sud et CGT locaux pour soumettre un nouveau protocole à la direction afin de garantir l’embauche des personnels grévistes sur le site où ils travaillent depuis des années.
La direction ne propose actuellement que 3 embauches en CDI sur les 8 revendiqués. Cette tentative de division du collectif de grève est inique. Toutefois, soucieux de trouver une issue au conflit en cours, les agents grévistes sont prêts à réduire de moitié le nombre de CDI Poste revendiqués et propose de discuter sur la base de 4 CDI Poste et 3 CDI de Groupement d’Employeurs.
Concernant l’organisation du travail la direction évoque des « ajustements » sans plus de précisions. Les agents grévistes proposent d’avancer concrètement vers des mesures permettant de mettre un terme aux difficultés rencontrées depuis la séparation des activités de tri et de distribution en décembre 2021.
Enfin la direction ne dit rien des procédures disciplinaires engagées contre les grévistes depuis le début du conflit, la reprise du travail ne saurait se faire sans que ne soit levée cette menace.
En l’attente d’engagements écrits sur leurs revendications dont la réintégration de ceux qui ont participé au mouvement social et l’absence de sanctions à leur encontre. Les grévistes ont donc décidé de reconduire leur grève et attendent la réponse de la direction à leur propre protocole.


Notre lutte continuera jusqu'à satisfaction de nos revendications et signature d’un accord à la hauteur !

Tract 25 avril 2023

 


Communiqué de presse Grenoble le 21 04 2023

 

Un mois de grève des facteurs et factrices de Grenoble Chavant

Depuis le 22 mars, les agents de la plateforme de distribution de courrier de Grenoble Chavant sont en grève reconductible. Ils revendiquent l’arrêt d’une organisation du travail dissociant les tâches de préparation et distribution qui les empêchent de rendre la qualité de service attendue par les usagers. Ces agents pour la plupart embauchés sous statuts précaires, en missions d’intérim très courtes ou en Groupement d’employeurs, se sont mobilisés contre l’instabilité de leurs statuts et la réforme des retraites.

Les facteurs et factrices proposent une sortie de conflit à la direction

La direction a proposé cette semaine d’ajuster l’organisation de travail en respectant les restrictions d’aptitude existantes et d’ouvrir des appels à candidature pour trois postes en CDI et 4 en CDI Groupement d’employeur selon les modalités de recrutement habituelles.
Ces embauches n’étaient donc pas destinées au personnel gréviste depuis un mois.

L’AG des grévistes de Grenoble Chavant que la direction a refusé de recevoir ne pouvait donc pas accepter ce protocole de fin de conflit en l’état.
De ce fait, elle s’est approchée des syndicats Sud et CGT locaux pour soumettre un nouveau protocole à la direction afin de garantir l’embauche des personnels grévistes sur le site où ils travaillent depuis des années.
La direction ne propose actuellement que 3 embauches en CDI sur les 8 revendiqués. Cette tentative de division du collectif de grève est inique. Toutefois, soucieux de trouver une issue au conflit en cours, les agents grévistes sont prêts à réduire de moitié le nombre de CDI Poste revendiqués et propose de discuter sur la base de 4 CDI Poste et 3 CDI de Groupement d’Employeurs.
Concernant l’organisation du travail la direction évoque des « ajustements » sans plus de précisions. Les agents grévistes proposent d’avancer concrètement vers des mesures permettant de mettre un terme aux difficultés rencontrées depuis la séparation des activités de tri et de distribution en décembre 2021.
Enfin la direction ne dit rien des procédures disciplinaires engagées contre les grévistes depuis le début du conflit, la reprise du travail ne saurait se faire sans que ne soit levée cette menace.

En l’attente d’engagements écrits sur leurs revendications dont la réintégration de ceux qui ont participé au mouvement social et l’absence de sanctions à leur encontre. Les grévistes ont donc décidé de reconduire leur grève et attendent la réponse de la direction à leur propre protocole.

Notre lutte continuera jusqu'à satisfaction de nos revendications et signature d’un accord à la hauteur !

 

Les revendications des agents de La Poste en mouvement

  • Transformation des contrats précaires des grévistes en CDI à La Poste
  • Arrêt des procédures disciplinaires à l’encontre des factrices et facteurs
  • Arrêt immédiat des tournées sacoches et retour aux tournées traditionnelles de facteur

Communiqué de presse facteurs et factrices de Grenoble Chavant en grève 24 avril 2023


Article de presse - L'Humanité - 19 avril 2023

Des postes pour les précaires de La Poste - Samuel Ravier-Regnat

pdfUn article de l'Humanité relate la lutte des précaires de Chavant


Communiqué de presse facteurs et factrices de Grenoble Chavant en grève 18 avril 2023


Tract Chavant 17 avril 2023

Courrier en retard ou qui n'arrive jamais, journaux livrés par paquets de trois, nouveaux collègues à former en permanence parce que les intérimaires ne sont pas renouvelés et que nombre d’embauchés démissionnent sous la pression des réorganisations successives : la dégradation du service public postal et de nos conditions de travail sont constatées par de nombreux·ses collègues et usager·e·s.

Pour contester la précarité de nos statuts et la dégradation de nos conditions de travail, nous, facteurs et factrices de Chavant, continuons notre grève depuis le 22 mars pour revendiquer l'embauche de 8 collègues en CDI. Majoritairement composée d'intérimaires, cette grève a déjà permis le maintien en poste d'une collègue dont la direction avait prévu de se passer. Portée par la mobilisation contre la réforme des retraites, la grève se heurte à l'obstination de la Direction d'Établissement Grand Grenoble de La Poste, qui préfère réprimer plutôt que de négocier.

Une grève soutenue au-delà du bureau de Grenoble Chavant

Depuis le début, notre objectif à été de convaincre les collègues non-grévistes de nous rejoindre. En faisant le tour des bureaux de poste de l'agglomération grenobloise, nous avons pu rencontrer des collègues qui cherchaient aussi à se défendre contre la dégradation de leurs conditions de travail. À St-Egrève, la réorganisation mise en place depuis février impose aux collègues de se partager les bouts d’une tournée sécable en plus d'un allongement de leurs tournées propres. À Grenoble-Lionel Terray la mise en place de "plans de production" permet à la direction d'imposer cette même tournée sécable tous les jours. Dans ces 2 bureaux les collègues ont réalisé des débrayages d'1h à l'embauche et nous ont rejoints en Assemblée Générale et en cortège de postier•e•s lors des journées nationales de grève contre la réforme des retraites.

Au-delà de La Poste, notre grève s'appuie sur la force de la mobilisation contre la réforme des retraites. Elle s'est ainsi liée à la grève des salarié•e•s du Planning Familial, de l'Énergie, des cheminot•e•s ou encore aux mobilisations des étudiant•e•s… C'est d'abord en participant aux journées de grève nationales que nombre d'entre-nous ont franchi le pas de se mettre en grève, malgré le risque que cela représentait pour ceux et celles en contrat précaire. C’est cette expérience qui nous a donné la force de contester le recours abusif aux contrats précaires, utilisés à La Poste comme ailleurs pour dégrader les conditions de travail et faciliter les licenciements.

Non à la répression : la direction doit répondre aux revendications

À notre revendication d'embauche - qui ne fait qu'exiger le respect de la loi à savoir le non-recours à l'intérim pour remplacer des postes de travail vacants - la direction a préféré répondre par la répression. Trois collègues grévistes ont vu leur contrats de mission, jusqu'ici renouvelés à chaque échéance, interrompus simultanément tandis que d'autre intérimaires étaient recruté•e•s pour les remplacer. En se débarrassant des intérimaires grévistes la direction tente d’affaiblir la grève pour éviter d’avoir à négocier. Malgré cette politique du pourrissement la solidarité entre grévistes - intérimaires et embauchés - se maintient.

Les collègues de Grenoble - Lionel Terray ont dû faire face à la même attitude : 18 collègues ayant participé aux débrayages d'une heure ont été convoqués en entretien à sanction pouvant aller jusqu'au licenciement. Ces atteintes au droit de grève ont choqué bien au-delà de La Poste : la Plateforme Industrielle de Courrier a ainsi été bloquée quelques heures, de nombreux•ses salarié•e•s et élu•e•s ont exprimé leur soutien à la grève et lors du rassemblement contre les sanctions, le bureau de poste où étaient convoqués les collègues s'est trouvé plongé dans le noir suite à une coupure de courant. La mobilisation des postier·e·s et des soutiens à permis le report des convocations. C’est un premier recul qui montre qu’en se mobilisant tou·te·s ensemble, les postier·e·s peuvent gagner contre la direction.

En réprimant, la direction d'établissement de La Poste Grand Grenoble s’inscrit dans la continuité des nombreuses atteintes au droit de grève survenues depuis le début du mouvement contre la réforme des retraites. Elle porte ainsi atteinte aux droits de l’ensemble des salarié·e·s, au-delà de La Poste. Cette politique du pourrissement doit cesser. La Direction d'Établissement doit accepter de négocier sur la base de la revendication d'embauche des 8 collègues précaires.

Une grève qui nous concerne toutes et tous

C'est pour appuyer cette revendication que nous appelons à un rassemblement jeudi 20 avril à 14h devant la Direction d'Établissement Grand Grenoble (88 av. Rhin et Danube, 38100 Grenoble). Une victoire contre la précarité serait une avancée non seulement pour les nombreux•ses intérimaires de La Poste et de ses filiales, mais aussi pour les embauché•e qui voient leur conditions de travail se dégrader au fur et à mesure que la précarité se généralise. Alors que le groupe La Poste se prépare à supprimer près de 20 000 emplois avec l'arrêt du timbre rouge, il y a urgence à nous mobiliser pour mettre sur la table nos propres revendications : maintien de l'emploi avec des contrats pérennes, arrêt de la dégradation des conditions de travail à chaque réorganisation, augmentation des salaires…

Tract Chavant 17 avril 2023


Communiqué de presse Grenoble le 10 04 2023

3 semaines de grève à La Poste Chavant

Factrices et facteurs de Grenoble en lutte contre la précarité

Depuis le 22 mars une grève a débuté sur le centre courrier de Grenoble Chavant. Ce mouvement est mené majoritairement par des salarié.es intérimaires, ils/elles dénoncent la banalisation de la précarité à la Poste, principale entreprise publique de France.

Les agents de Grenoble Chavant réclament la transformation de 8 intérimaires en CDI à La Poste. Suite à un examen des contrats par nos conseils juridiques, il s’avère que ces contrats sont illégaux et remplacent, au mépris du code du travail, des emplois permanents.

La Poste, qui se gave d’argent public (500 millions d’euro en 2022), fait des campagnes de « fake news », assurant qu’elle cherche à embaucher tandis qu'elle développe la précarité dans tous ses centres.
Selon les propres documents de l’employeur que nous nous sommes procurés, un tiers des agents de Grenoble sont en fait des intérimaires, c’est inacceptable et illégal. D’ailleurs l’inspection du travail a diligenté une enquête sur ce recours abusif à l'intérim.

Le mouvement s’étend au centre courrier de Lionel Terray à Grenoble. Au lieu de répondre aux revendications des agents, la Directrice, madame Beaujard, réprime les grévistes et met en procédure disciplinaire 15 factrices et facteurs. Par ailleurs, 3 intérimaires grévistes de Grenoble Chavant ne se voient pas renouveler leur contrat cette semaine. La direction réprime manifestement les grévistes.

Les revendications des agents de La Poste en mouvement :
• Transformation des contrats précaires (CDD, intérim) en CDI à La Poste
• Arrêt des procédures disciplinaires à l’encontre des factrices et facteurs
• Arrêt immédiat des tournées sacoches et retour aux tournées
traditionnelles de facteur

Un piquet de grève contre la précarité et la répression syndicale à La Poste est appelé par tous les syndicats de l’Isère
Jeudi 13 avril à partir de 6h devant le centre courrier de Lionel Terray rue Alfred de Musset.

Tract local


Vidéo de la manifestation du 6 avril à Grenoble

La manif du 6 avril en vidéo🎥, avec un modèle de lutte des salarié.es PRÉCAIRES de La POSTE et la convergence de leur lutte avec les luttes du SOCIAL + les ÉTUDIANT.ES + les LYCÉEN.NES. 👍👏
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LES GRÈVES SE POURSUIVENT, LA LUTTE CONTINUE


Lettre des grévistes 3 avril 2023

Collègues !

Courrier en retard ou qui n'arrive jamais, la honte de distribuer des journaux par paquets de trois, de nouveaux collègues à former en permanence parce que les autres disparaissent, réorganisations en boucle, vous en avez marre ? Eh bien, nous aussi ! Vous avez la sensation que La Poste ne respecte plus ses engagements de mission publique, que sa direction vous méprise, que la qualité de service est anéantie ? Eh bien, vous avez raison !

Depuis que la direction a tenté de se débarrasser de l'une de nos collègues, faisant passer ça pour un « problème de communication », les facteur·trices de Grenoble Chavant sont en grève reconductible depuis le mercredi 22 Mars.

Épuisés de devoir servir des intérêts économiques qui ne cessent d'aller à l'encontre du charme de notre métier, on a tout arrêté. On ne sort plus aucune lettre. Plus aucun recommandé. Ni colis. On ne prend plus la pluie, la neige ou encore le vent, avec des vêtements pourris et qui portent sur eux (fermetures cassées, poches trouées ou remplies de mouchoirs oubliés) la marque de tous·tes les intérimaires passé·es avant nous. Désormais, nous nous battons pour notre dignité, pour un service public que nous souhaitons irréprochable.

C'est pourquoi nous exigeons un retour à une meilleure organisation du travail (fin des tournées-sacoche et des plans de production), ainsi que l'embauche de tous-tes les précaires qui le souhaitent, afin de faire cesser, une bonne fois pour toutes, la course à la disparition du métier vers laquelle ils nous poussent de jour en jour, contre notre gré. Et sachez, collègues, que nous sommes déterminé·es à continuer cette grève tant que l'ensemble de ces revendications n'auront pas été écoutées avec respect, et traitées avec sérieux.

Mais nous avons besoin de vous. Une équipe, c'est facile à mater. À réprimer. Bien qu'inébranlables et décidé·es, nous souhaitons étendre cette grève à tous les bureaux qui, nous le savons, subissent d'une manière ou d'une autre les mêmes attaques que nous. Et c'est faisable. Si la direction tente de nous jeter des miettes, sachez que nous continuons de les refuser, et avec le sourire ! Désormais, on veut tout ce que l'on réclame depuis des années, et ce sans condition, sans négociation possible. Fini les plans sociaux déguisés, le turnover et le mépris. Désormais, on résiste.

Si la direction commence, en ce qui nous concerne, à plier déjà, imaginez ce qu'elle serait prête à lâcher, si vous nous rejoigniez. Les fact'aides, les tournées à découvert, les retards aux colis, ça coûte cher. Alors parlons leur langage, et arrêtons tout !

Dans le contexte de mobilisation contre la réforme des retraites, le recours aux contrats précaires sert d'arme au gouvernement et aux patrons pour casser les grèves. Une victoire de notre mobilisation contre la précarité serait un formidable encouragement pour tous·tes les intérimaires qui hésitent encore à se mettre en grève.

Tous ces faits vous interpellent ? Alors rejoignez-nous ce jeudi 6 Avril à 10h pour une Assemblée Générale de tous·tes les facteurs et factrices à Chavant, place d'Apvril. Venez échanger avec nous sur ce qu'il se passe dans vos bureaux, sur vos conditions de travail. Venez discuter avec nous sur comment on pourrait, tous·tes ensemble, y remédier.

Vous avez des questions sur notre mouvement, ou alors souhaitez nous contacter de manière discrète ou anonyme ? Contactez-nous via notre mail Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.


Grève des intérimaires de Grenoble-Chavant : 12 jours de grève !

Face aux grévistes, un responsable départemental de La Poste parle de « plan social déguisé » à propos du recours à l’intérim : soutenez la grève des facteurs et factrices de Chavant contre la précarité et la réforme des retraites, pour l’amélioration des conditions de travail et du service public postal. Près de 10 collègues embauchés ont quitté le bureau en 2 ans et plus de 5 doivent partir à la retraite sans être remplacés par des CDI, ça ne peut plus durer !

 


Lettre des grévistes facteurs et factrices de Grenoble Chavant

27 mars 2023

Depuis mercredi 22 mars, la quasi-totalité des facteur-ices de Grenoble-Chavant se sont mis en grève reconductible afin de faire entendre plusieurs revendications, dont un soutien inconditionnel à leur collègue Émilie, une factrice expérimentée, motivée et irréprochable, dont notre direction comptait se débarrasser sans aucun motif légitime. Arrivée à la fin du cycle légal d'intérim de 18 mois, et plutôt que de se voir proposer un CDI (dont La Poste a largement les moyens), on lui signale qu'elle ne sera pas reconduite. Après un an et demi de travail bien fait et de peines endurées, on lui apprend qu'elle sera désormais au chômage. Comme ça, sans préavis. Pour nous tous-tes, c'était trop. Et inadmissible.

Après tout, on était déjà usés, fatigués de la nouvelle organisation que La Poste a mis en place, à Grenoble mais aussi à travers tout le pays, « les tournées-sacoche », ce nouveau système inspiré du fordisme qui, en plus d'être complètement inefficace en ce qui concerne notre métier, n'a fait que causer des problèmes sur toute la distribution. Courrier toujours en retard, recommandés qui peinent à arriver, journaux distribués par paquets de trois, on nous empêche depuis longtemps d'exercer correctement notre mission de service public. Aujourd'hui, c'est tout ce que l'on demande. Qu'on nous laisse faire notre métier, avec les moyens nécessaires et adaptés aux spécificités du métier, mais aussi avec les effectifs requis pour le bon fonctionnement de la distribution : car La Poste, prenant exemple sur les multinationales qu'elle ne cesse d'admirer, n'a que trop recours à l'utilisation de contrats précaires (CDD et CDI intérim, CDI par groupements d'employeurs) pour faire le sale boulot, faisant de son mieux afin de ne pas réellement remplacer les départs des collègues.

Cette mobilisation, massive, a débouché sur une victoire mitigée :
Notre collègue Émilie s'est donc vue proposer un CDI, mais via un Groupement d'Employeurs, et non un CDI La Poste, donc pas exactement ce que nous revendiquions.
Notre direction semble prête à revenir à l'ancien mode de fonctionnement pour la distribution, ce qui a tout pour nous ravir, bien que des négociations sérieuses devront être faites à ce sujet.
Notre direction semble aussi promettre des embauches (3 sur Grenoble-Chavant et 3 ou 4 sur Grenoble-Terray), mais toujours en Groupement d'Employeurs et non en CDI La Poste.
Quand bien même nous soyons quelque peu soulagés d'entrevoir des avancées, nous restons alertes pour les jours, les semaines et les mois à venir. Comme quoi, il fallait faire grève. Mais comme quoi, soyez-en certain-es, on n'hésitera pas à recommencer.

Après tout, notre demande est simple : nous voulons faire notre travail, mais correctement. Nous voulons retrouver la stabilité d'un métier auquel nous sommes attachés, dans des conditions décentes que nous estimons légitimes à notre bien-être, et propices au bon fonctionnement de la distribution.

Soutenir notre grève, c'est améliorer la qualité de service que La Poste cherche à anéantir, c'est mettre un bâton supplémentaire dans la roue de la fortune qui écrase tous les travailleurs, c'est refuser un système qui méprise l'humain en plus de mettre notre planète en péril.