Au départ, une grève contre une réorganisation

Le 17 décembre dernier, les factrices et facteurs de Digne partaient en grève contre une réorganisation et les suppressions de postes qui en découlaient. En plein mouvement contre le projet de loi sur les retraites et alors que la mobilisation touchait plusieurs secteurs, cette situation n’a pas manqué d’interpeller les différents acteurs du mouvement.

La Poste doit être encore, pour de nombreux usagers, synonyme de service de qualité rendu à la population. La disparition progressive des bureaux de postes et des agents de distribution sont pour beaucoup un symptôme de la dégradation générale des services publics. 

Alors que la grève des facteurs s’installait dans la durée du fait du refus de La Poste de négocier, l’interpro locale et un groupe de gilets jaunes décidaient de venir bloquer le centre de distribution. Bien entendu, les postier·e·s en grève ne s’offusquèrent pas de ce coup de main inattendu mais prirent soin de ne pas participer au blocage du site pour éviter les problèmes avec la direction et les accusations d’entrave.

Pourtant la direction de La Poste décidait de porter plainte contre les grévistes et en assignait 14 au TGI de Digne.

Un jugement scandaleux

Alors que les huissiers mandatés par La Poste avaient tous constatés que les postier·e·s se tenaient à l’écart du blocage, le tribunal les condamnait contre toute attente (sous peine d’astreinte) à lever un blocus qu’ils ne tenaient pas. Le scandale et la nouveauté de ces attendus résident dans le fait que les juges ont considéré que, même s’ils ne bloquaient pas, les postier·e·s auraient été « instigateurs » et donc coupables. Cette décision mit un terme à la grève car la direction de La Poste menaçait explicitement les grévistes de sanctions s’ils ne reprenaient pas le travail immédiatement.

La direction en mode Kim-Jong-Un

Un mois et demi plus tard, mi-février 2020, 16 ex-grévistes ainsi qu’une postière enceinte et en arrêt maternité en décembre se voyaient convoqués pour des entretiens disciplinaires. Rappelons en passant que nos petits menteurs dirigeants déclaraient à la presse en décembre (au quotidien La Provence) qu’il n’y avait que 6 grévistes au début, puis 14 quelques jours plus tard.

On hallucine, une de nos collègue vient d’accoucher et les patrons lui concoctent un cadeau de naissance bien crapuleux ! Son crime ? Être passée voir les grévistes sur le piquet alors qu’elle était enceinte de 7 mois ! Pour les autres le refrain est le même, ils sont « sortis du cadre normal de la grève » en étant présent sur un trottoir pendant que d’autres bloquaient leur centre. A croire que les dirigeants de La Poste reviennent d’une formation en Corée du Nord... C’est du grand n’importe quoi !

La direction veut faire un exemple ? on fera comme elle !

Après l’intervention d’un élu au Conseil d’Administration, c’est Philippe Dorge (Directeur général du groupe) en personne qui a répondu en justifiant les procédures. Conclusion : c’est la direction du groupe qui pilote cette affaire et qui veut clouer nos collègues au pilori et les ériger en exemples.
Alors que le procès France Télécom vient de se conclure sur la condamnation de ses anciens dirigeants, ceux de La Poste mènent la même politique de destruction d’emplois et de restructurations brutales. Il n’est pas un jour sans que, quelque part en France, des postiers soient en grève contre la casse de leur outil de travail et l’augmentation de la charge. Dans l’affaire de Digne, c’est toute la morgue des dirigeants qui s’expriment. Nous ne devons pas laisser faire !

Il est encore temps de ranger les armes

Les conseils de disciplines ne sont pas encore officiellement annoncés mais ils risquent fortement d’avoir lieu. Nous ne connaissons pas encore les niveaux de sanctions qui vont être demandés.
Il faut que la direction range ses armes et revienne à la raison !
Ces procédures doivent s’arrêter immédiatement !
SUD dispose des preuves que cette petite vengeance est gratuite, la direction ferait bien de s’en souvenir…

Solidarité avec les postier·e·s de Digne !
Arrêt des poursuites disciplinaires !

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